vendredi 27 septembre 2019

Les leçons de Fukushima appliquées à Rouen

En 2011, un tremblement de terre avait perturbé le bon fonctionnement de la centrale de Fukushima. J’avais donc écrit un petit texte pour tirer les leçons de ce léger désagrément. Je le ressors avec quelques menus changements pour l’adapter à l’actualité.

Avec ses nombreuses centrales nucléaires et sites industriels, la France n’était pas à l’abri d'un fâcheux imprévu. Aussi, fort de l’observation du gouvernement japonais, à laquelle j’ai procédé ces derniers temps, je me permets, avec toute l’humilité consécutive à ma tatamisation, de suggérer quelques modestes propositions aux responsables français pour bien gérer la situation à Rouen. 

— Avant toute chose, le principe fondamental qui doit sous-tendre tous les autres et dont il faut être convaincu pour persuader les foules qu’il est véridique: les éventuels effets d’une panique sont bien pires que les effets avérés des matières polluantes. 

— Dans une configuration idéale, les divers fonctionnaires et bureaucrates sont formés à nier évaluer rapidement une situation, sans exprimer le moindre doute. Ainsi, on est sûr qu’il ne leur viendra pas à l’idée de déranger les membres du gouvernement sous les prétextes les plus futiles. Donc, repérer et virer dès à présent les plus anxieux ou les irrationnels qui s’imaginent avoir un devoir envers la population. 

— La situation doit être nommée avec les mots justes, comme «incident» ou «léger problème», «un peu toxique mais pas trop». Immédiatement taxer de catastrophisme ceux qui utiliseraient des termes plus alarmants.

— Établir dès le départ que les causes de l’incident sont extérieures à la conception ou la maintenance des installations. Au pire, admettre une erreur humaine. 

— Insister sur le caractère exceptionnel des causes de l’incident, même si elles ne sont pas vraiment imprévisibles, comme peuvent l’être les problèmes liés à la sous-traitance ou le manque d’investissement dans la sécurité. 

— Laisser l’exploitant des installations gérer les opérations: nul besoin d’éléments extérieurs qui ne feront que se repandre en critiques stériles. Les scientifiques, pointilleux par nature, voire par vice, ont la fâcheuse propension à se focaliser sur des détails secondaires et ne peuvent s'empêcher de vouloir les dévoiler à tout venant. Cette attitude détestable entrave les efforts de réparation. Insister donc sur le fait qu’ils n’ont jamais les connaissances leur permettant d’agir au mieux compte tenu de la spécificité de la situation. 
S’ils proposent leur aide, la refuser catégoriquement. On rétorquera aux indépendants qu’ils ne sont pas habilités, aux vieux qu’ils ne sont pas au courant des évolutions récentes, aux étrangers qu’ils méconnaissent les particularismes culturels, etc. 

— Fixer des dates pour les réparations, détailler les objectifs dans une feuille de route. Comme par la suite, il sera bien évidemment impossible de s’y conformer, on peut donc se laisser aller aux prévisions les plus optimistes. 

— Fermer une usine en activité. Y trouver quelques défauts (pas besoin d'en inventer, il y en a toujours un ou deux qui traînent) et montrer que l’on s'attache à adopter des mesures de préventions comme si on avait toujours fait ainsi auparavant. 

— La vie politique doit continuer. La population sera pleinement rassurée si elle voit ses représentants agir comme ils le font toujours. Donc, il convient de ne rien changer et de ne surtout pas hésiter à profiter de la situation pour régler ses comptes, y compris au sein de son propre parti. Les médias se focaliseront dessus et éviteront ainsi de s'intéresser à des sujets inopportuns et anxiogènes tels que les conséquences sanitaires et écologiques. Si les hasards de l’actualité le permettent (décès d’un personnage célèbre par exemple), se focaliser dessus.

— Quand on ne peut pas empêcher la pollution de se répandre, le plus simple reste encore d'empêcher l’information de se répandre.  

En effet, l’information doit être contrôlée, vérifiée, précise, et on prendra donc tout le temps nécessaire pour faire les bons recoupements avant de la livrer au public. Cela génère évidemment des retards qui sont critiqués par d’inévitables esprits chagrins. Auquel cas, expliquer qu’il s’agit d'un choix délibéré pour éviter la panique au sein de la population. 
L’information doit être présentée de manière sérieuse, avec force graphiques, schémas explicatifs et rapports. Attention, dans le cas d’un site web, préférer un design plutôt sommaire pour bien montrer que l’on agit dans l'urgence. 
N’autoriser à en parler que les journalistes les plus objectifs, c’est-à-dire ceux qui n’ont jamais cédé à la tentation d’une critique facile des choix gouvernementaux. Pour les spécialistes invités à donner leur avis dans les médias, l’objectivité est également une qualité essentielle. Elle s’établit par la filiation à une institution digne de confiance (gouvernement, patrons d’entreprises…). 

Les manifestations de mécontentement minant malhonnêtement le moral de la nation, on se gardera d’en faire l'écho. Les plus bruyantes seront ridiculisées par quelques assertions pleine de bon sens bien placées. 

— Quand on ne peut pas baisser la quantité de pollution émise, plusieurs solutions existent:
  • - relever les taux minimums de pollution acceptables. Dire que les anciens n’étaient plus adaptés à la situation.
  • - faire en sorte que les relevés soient rassurants, en mesurant la pollution ambiante là où il y en a le moins.
  • - populariser des comparaisons avec des activités impliquant des expositions à la pollution  pour faire passer l’idée qu’il est normal d’y être soumis régulièrement.

— Concernant la contamination des aliments, là aussi, autant que possible, revoir à la hausse les normes pour les doses admissibles. Autoriser la mise sur le marché de produits contaminés, inciter même leur consommation pour soutenir l’agriculture des zones sinistrées. En cas de gros dépassement, rappeler les marchandises, mais le plus tard possible. Des analyses peuvent être envisagées, mais inutile de les pratiquer sur plus de 0,1% des aliments. 

— Concéder le bien-fondé de quelques critiques, mais surtout pas sur le déroulement des réparations, qui doit toujours être qualifié d’encourageant et d’exemplaire. Se focaliser sur quelques petits problèmes qui pourront facilement être réglés, ou qui le sont déjà. Toute critique sérieuse se verra aussitôt qualifiée de rumeur sans fondement. 

— Quand les autorités n’avaient rien à dire, au Japon, elle faisaient des excuses. C’est là une attitude toute nipponne qui demande une adaptation pour les Français, culturellement moins disposés à s’excuser. Donc, on se contentera de dire que ce n’est pas de notre faute. Argument qui peut être renforcé très efficacement en accusant quelqu’un d’autre, le plus communément un gouvernement précédent de l’opposition ou la direction précédente qui n’a pas pris les bonnes mesures. 

— Et surtout, répéter à outrance que l’on a bien tiré toutes les leçons de l’affaire, même si dans les faits elle est loin d’être réglée et qu’on ne sait absolument ni quand ni comment elle se finira.

Ça fait beaucoup d’éléments à retenir, mais je ne m’inquiète pas pour nos responsables français. Maintenant qu’ils sont confrontés à cette situation, ils sauront, j'en suis sûr, se montrer aussi doués, et même supérieurs à leurs homologues japonais dans ce délicat exercice de communication.

dimanche 21 octobre 2018

Recette des bourdoufles


Pour la pâte à choux, j'ai utilisé la recette du site les desserts de Julien en remplaçant le cacao ordinaire par du cacao noir.
Pour la crème, j'ai pris la recette de la crema al latte du site la Ricetta di GialloZafferano, en réduisant les proportions de moitié. C'est en italien, mais facile à comprendre et abondamment illustré par des photos.
Il faut en plus de la confiture de framboises et du sucre glace.
Une fois que tout est bien froid, il suffit de remplir les choux de crème avec une poche à douille. La confiture est ajoutée de la même façon avec une douille plus fine, sur le dessus, et le tout est saupoudré de sucre glace.

Les bourdoufles sont des gâteaux apparaissant dans mon roman En attendant la fin des Nomondəs.

mercredi 19 septembre 2018

Journée de la parlure piratesque

Puisque c’est aujourd’hui la Journée internationale de la parlure piratesque, voici un petit extrait de La Quête des neuf sources où justement, nos héros se retrouvent sur un bateau pirate. Sélénite, certes, mais ça marche aussi.

«Une fois au timon, le Capitaine Plouf hurla ses injonctions de sa plus grosse voix, insultant au passage un peu tout le monde avec le plus vif plaisir. Les insultés, qu’ils fussent Pirates ou simples Mousses, répondaient tout aussi joyeusement, lançant les injures les plus irrespectueuses tout en surchargeant leurs phrases de «mon Capitaine», «votre Terreur», «votre Cruauté» et mille autres termes du genre. Le Capitaine Plouf s’en prit tout à coup à nos héros:

— Eh bien, bande de dégénérés! Vous croyez que vous allez rester là à vous gratter les couilles ou je ne sais quoi pendant que tout le monde travaille?
— Sauf votre respect, votre terrifiante Grandeur, dit Grimbert, c’est bien joli d’aboyer des inepties, mais si vous oubliez de nous donner nos ordres, comment diable voulez-vous que nous les exécutions?
— Tu vas voir qui va être exécuté! Crème de confit de terrine de gelée d’abruti! Tu vas commencer par aller répandre tes insultes aux Mousses de la proue histoire de leur faire bouger un peu leurs gros culs de fainéants! Et magne-toi sinon je te passerai à la flotte quand nous serons au Golfe Torride!»

mercredi 22 août 2018

Ray's Day 2018

J'avais célébré le Ray's Day en 2014 avec une nouvelle de Rugha la guerrière.
Pour le Ray's Day 2018, je réédite donc la première nouvelle avec en supplément une deuxième, bien évidemment la suite des aventures de cette héroïne.

Les commentaires sont les bienvenus, mais évitez de spoiler pour ne pas gâcher l'effet de surprise de la première nouvelle.

Vous pouvez les télécharger gratuitement en pdf ou en ePub.
Bonne lecture.


vendredi 3 août 2018

Cosplay au frais

Voici quelques photos d’un des défilés du World Cosplay Summit 2018. Celui-ci avait lieu dans la galerie marchande Central Park, sous la tour de Nagoya. Il n’a pas plus de 200 participants, mais a l’avantage d’avoir lieu dans un endroit climatisé et d’attirer un peu moins de monde que les autres.


Malaisie

Japon

Bulgarie

Mexique


mercredi 4 juillet 2018

Deuxième (et dernier) tome

Ça y est, le tome 2 de «En attendant la fin des Nomondes» est disponible en version papier sur ma page Lulu.
Vous pouvez également l’obtenir sur la page Lulu du collectif Ziô-Books, laquelle vous permettra de découvrir les œuvres des collègues.

La version ePub de l’intégrale est également disponible pour la somme modique de 5€.

mardi 19 juin 2018

En attendant la fin des Nomondes: version numérique

La version numérique est disponible!

Il s’agit du texte intégral qui regroupe les deux tomes de la version papier. Vous pouvez l’acheter sur ma page auteur Lulu. Par contre, elle ne comporte qu’une seule des deux somptueuses couvertures dessinées par Leslie Boulay. On ne peut pas tout avoir…


Support independent publishing: Buy this e-book on Lulu. 

Je propose également une version pdf gratuite à l’usage des critiques et blogs littéraires (bien entendu absolument sans obligation d’aucune sorte d’écrire un article en échange. Ça me paraît aller de soi, mais je tiens à le préciser). Contactez-moi dans les commentaires ou par MP pour toute demande ou pour plus de détails.

Et pour ceux qui attendent le tome 2 version papier, encore un petit peu de patience: c’est pour bientôt. Il reste juste quelques petits détails à régler et vérifications à effectuer.