dimanche 21 octobre 2018

Recette des bourdoufles

Pour la pâte à choux, j’ai utilisé la recette du site les desserts de Julien en remplaçant le cacao ordinaire par du cacao noir. 

Pour la crème, j’ai pris la recette de la crema al latte du site la Ricetta di GialloZafferano, en réduisant les proportions de moitié. C'est en italien, mais facile à comprendre et abondamment illustré par des photos. 

Il faut en plus de la confiture de framboises et du sucre glace. 

Une fois que tout est bien froid, il suffit de remplir les choux de crème avec une poche à douille. La confiture est ajoutée de la même façon avec une douille plus fine, sur le dessus, et le tout est saupoudré de sucre glace. 

Les bourdoufles sont des gâteaux apparaissant dans mon roman En attendant la fin des Nomondəs.

mercredi 19 septembre 2018

Journée de la parlure piratesque

Puisque c’est aujourd’hui la Journée internationale de la parlure piratesque, voici un petit extrait de La Quête des neuf sources où justement, nos héros se retrouvent sur un bateau pirate. Sélénite, certes, mais ça marche aussi. 

«Une fois au timon, le Capitaine Plouf hurla ses injonctions de sa plus grosse voix, insultant au passage un peu tout le monde avec le plus vif plaisir. Les insultés, qu’ils fussent Pirates ou simples Mousses, répondaient tout aussi joyeusement, lançant les injures les plus irrespectueuses tout en surchargeant leurs phrases de «mon Capitaine», «votre Terreur», «votre Cruauté» et mille autres termes du genre. Le Capitaine Plouf s’en prit tout à coup à nos héros: 
— Eh bien, bande de dégénérés! Vous croyez que vous allez rester là à vous gratter les couilles ou je ne sais quoi pendant que tout le monde travaille? 
— Sauf votre respect, votre terrifiante Grandeur, dit Grimbert, c’est bien joli d’aboyer des inepties, mais si vous oubliez de nous donner nos ordres, comment diable voulez-vous que nous les exécutions?
 — Tu vas voir qui va être exécuté! Crème de confit de terrine de gelée d’abruti! Tu vas commencer par aller répandre tes insultes aux Mousses de la proue histoire de leur faire bouger un peu leurs gros culs de fainéants! Et magne-toi sinon je te passerai à la flotte quand nous serons au Golfe Torride!» 
 

mercredi 22 août 2018

Ray's Day 2018

J'avais célébré le Ray's Day en 2014 avec une nouvelle de Rugha la guerrière.
Pour le Ray's Day 2018, je réédite donc la première nouvelle avec en supplément une deuxième, bien évidemment la suite des aventures de cette héroïne.

Les commentaires sont les bienvenus, mais évitez de spoiler pour ne pas gâcher l'effet de surprise de la première nouvelle. 
 
Vous pouvez les télécharger gratuitement en ePub. Bonne lecture.

vendredi 3 août 2018

Cosplay au frais

Voici quelques photos d’un des défilés du World Cosplay Summit 2018. Celui-ci avait lieu dans la galerie marchande Central Park, sous la tour de Nagoya. Il n’a pas plus de 200 participants, mais a l’avantage d’avoir lieu dans un endroit climatisé et d’attirer un peu moins de monde que les autres.


Malaisie

Japon

Bulgarie

Mexique


mercredi 4 juillet 2018

Deuxième (et dernier) tome

Ça y est, le tome 2 de «En attendant la fin des Nomondes» est disponible en version papier sur ma page Lulu.
Vous pouvez également l’obtenir sur la page Lulu du collectif Ziô-Books, laquelle vous permettra de découvrir les œuvres des collègues.

La version ePub de l’intégrale est également disponible pour la somme modique de 5€.

mardi 19 juin 2018

En attendant la fin des Nomondes: version numérique

La version numérique est disponible!

Il s’agit du texte intégral qui regroupe les deux tomes de la version papier. Vous pouvez l’acheter sur ma page auteur Lulu. Par contre, elle ne comporte qu’une seule des deux somptueuses couvertures dessinées par Leslie Boulay. On ne peut pas tout avoir…



Je propose également une version pdf gratuite à l’usage des critiques et blogs littéraires (bien entendu absolument sans obligation d’aucune sorte d’écrire un article en échange. Ça me paraît aller de soi, mais je tiens à le préciser). Contactez-moi dans les commentaires ou par MP pour toute demande ou pour plus de détails.

Et pour ceux qui attendent le tome 2 version papier, encore un petit peu de patience: c’est pour bientôt. Il reste juste quelques petits détails à régler et vérifications à effectuer.

mardi 12 juin 2018

Quatrième de couverture du tome 2

Après l’aperçu de la couverture, voici celui de la quatrième de couverture. J’aurais pu me contenter de copier/coller le texte du résumé, mais cela n’aurait pas permis de dévoiler la somptueuse ornementation du cadre réalisée par Leslie Boulay.
Afin de ne pas dévoiler trop d’éléments à ceux qui n’ont pas lu le tome 1, une partie du texte a été floutée.



mardi 5 juin 2018

La couverture du tome 2

Voici donc à quoi ressemblera la couverture du tome 2, une nouvelle fois dessinée par Leslie Boulay, dont je vous invite à aller voir le site.
En plus d’Édwenfili et de la Prophincesse, une troisième et importante protagoniste y apparaît: Nuange. Longuement attendue, elle entre enfin en scène pour jouer son rôle… mais quel est-il exactement? Encore un peu de patience pour le savoir…

Nuange a également fait une apparition dans une nouvelle du recueil Tribulations (plus ou moins) oniriques. Les plus curieux et/ou impatients peuvent en savoir plus en la lisant. Le recueil est disponible ici.

La quatrième de couverture:

Où en sommes-nous ?
Les Nomondes continuent à aller vers leur fin et il semblerait que ce soit une mauvaise idée que de s’y opposer. La quête des amelunes dans laquelle s’est lancée Édwenfili est interrompue par toutes sortes d’imprévus, le dernier l’ayant menée dans le Périmonde de Jord. La sans-âme Mi lui apporte une aide bienvenue, car Nélune doit faire face à ses responsabilités de Princesse des Lixelles et de Prophincesse. Cette dernière espère toujours l’arrivée de Nuange. Mais rien ne dit que la venue de la petite et puissante Vampire améliorera la situation.
Autrement dit, pour une fin tranquille, c’est plutôt mal parti.

mardi 29 mai 2018

En attendant la couverture du tome 2 (travaux en cours) 3

Pour ce troisième aperçu apparaît un nouveau personnage. Sa présence explique sans doute les réactions des deux autres. Elle répond au nom de Nuange, ce qui n’en dit pas vraiment plus sur qui elle est. Il faudra lire le deuxième (et dernier) tome pour le savoir.
En tout cas, comme pour les deux autres, le crayon de Leslie Boulay l’a magnifiquement bien saisie.


mardi 22 mai 2018

En attendant la couverture du tome 2 (travaux en cours) 2

Et voici le deuxième aperçu. On y retrouve la Prophincesse qui, contrairement à Édwenfili, affiche un air plutôt réjoui. Mais il faudra attendre le troisième aperçu afin d’en connaître la raison. Pour patienter, je vous propose de découvrir d’autres dessins de Leslie Boulay sur son site. Et si vous appréciez son travail, vous pouvez aussi l’encourager via sa page tipeee.


mercredi 16 mai 2018

En attendant la couverture du tome 2 (travaux en cours) 1

La couverture d’En attendant la fin des Nomondəs tome 2 est en cours. Elle est de nouveau réalisée avec grand talent par Leslie Boulay. Et en guise de premier aperçu, on retrouve bien évidemment Édwenfili, toujours imperturbable face aux évènements s’enchaînant et se déchaînant. Mais se pourrait-il pour cette fois-ci qu’elle soit quelque peu irritée?

lundi 23 avril 2018

En attendant d'autres recettes, voici celle des coulromphes

Malgré un emploi du temps surchargé à courir l'aventure, les héroïnes d'En attendant la fin des Nomondes savent prendre le temps d'apprécier une pause goûter avec infusions et gâteaux. Un lecteur exigeant et néanmoins ami a donc réclamé les recettes des douceurs décrites dans le livre. J'aurais pu arguer que c'était impossible en raison d’ingrédients introuvables dans notre monde, mais je relève le défi en proposant des adaptations réalisables. Voici la première, à déguster en lisant le tome 1:

Coulromphes

90g de sucre glace
15cl d’huile
100g d’amandes en poudre
250g de farine
1/2 sachet de levure chimique
1/4 de cuillère à café de gingembre en poudre

Dans une jatte, mélanger le sucre glace et l’huile.
Ajouter la poudre d’amandes et le gingembre. Bien mélanger.
Ajouter ensuite la farine et pétrir: la pâte obtenue doit être très souple.
La pâte est trop friable pour être étalée sur une grande surface. Il faut donc le faire par petites quantités pour une galette à la fois. L’étaler sur une épaisseur d’un centimètre et détacher une galette ronde à l’emporte-pièce (5cm de diamètre environ).
Cuire au four à 170° une quinzaine de minutes: les gâteaux doivent être blancs à la surface et à peine dorés en bas.


L'héroïne qui les confectionne dans le livre a changé la recette pour qu’ils soient plus moelleux. Sans doute en les faisant un peu plus épais et en ajoutant une bonne cuillère à soupe de miel toutes fleurs fondu au bain-marie au mélange sucre-glace/huile du début.

Sur la photo, ils sont un poil trop dorés. Il convient donc d'observer très attentivement la cuisson. J'ai utilisé de l'huile de noix, mais son goût à tendance à dominer le reste et je préconise donc une huile plus neutre.


dimanche 18 février 2018

En attendant… voici le premier tome

Ça y est, le tome 1 de «En attendant la fin des Nomondes» est disponible en version papier sur ma page Lulu.
Le tome deux est prévu pour juin ou juillet, et la version ePub de l'intégrale devrait sortir entre temps.

ISBN
9781326466534
Publié
15 février 2018
Langue
Français
Pages
446
Reliure
Couverture souple en dos carré collé
Impression intérieure
Noir & blanc
Poids
0,73 kg 
Dimensions (centimètres)
15,24 (largeur) x 22,86 (hauteur) 

vendredi 5 janvier 2018

La couverture

Pour bien commencer l’année, voici donc ce que sera la couverture du epub de «En attendant la fin des Nomondəs». La version papier sera en deux tomes, et ce sera donc aussi celle du tome 1, qui comportera également un très joli travail d’ornementation sur la quatrième de couverture.
Que Leslie Boulay soit mille fois remerciée pour l’excellence du travail accompli. Prenez le temps d’aller voir ce qu’elle fait sur son site, ça vaut vraiment le détour.


lundi 25 décembre 2017

Cadeau de Noël

Voici le début de En attendant la fin des Nomondes. Joyeux Noël et bonne lecture.
Pour la suite, il faudra attendre la parution du livre en début d’année prochaine.


Que ce soit le fait le plus héroïque ou la tâche la plus monotone, il faut bien commencer quelque part. Chose curieuse, le début n’est pratiquement jamais le meilleur moment pour cela.
Préceptes et recommandations à l’usage des apprentis magistes, mais pouvant également s’appliquer à toutes sortes de néophytes
Romiflon Heobsit

Prélude :
Enchaînement de circonstances

La Lune s’était enfin levée, drapant les lieux d’une pâle lumière négligée. D’un geste élégant, Édwenfili rabattit le large bord de son chapeau noir sur ses yeux fixés en un regard dur délibéré. Puis elle s’avança dans la clairière d’un pas dont la fermeté indéniable était néanmoins le fruit d’un long travail. Ses hautes bottes et sa cape firent danser les herbes folles, libérant la rosée les alourdissant en une petite pluie étincelante. D’abord, Édwenfili ignora les voix plus ou moins stridentes des différents insectes qui s’ingéniaient à ne pas laisser le silence être maître de la nuit. Ensuite, tout en serrant une pierre dans sa main, elle se focalisa sur le rythme régulier de ses pas, synchronisé à sa respiration : inspirer, un, deux, trois, quatre… expirer, un, deux, trois, quatre… et elle atteignit sans effort l’état d’esprit recherché. Une sorte de son tintinnabulant confus sonnailla à la limite de l’ouïe et l’apparence des alentours se transforma. Enfin, telle fut l’impression que ressentit Édwenfili : en fait, elle venait de changer d’endroit. Les lieux étaient désormais plus vastes, en pleine campagne, et animés par toutes sortes de gens, allant et venant à travers la multitude d’échoppes de toile colorée qui y avaient été dressées. Un joyeux vacarme, tellement anarchique qu’il n’aurait su régner, se faisait entendre : mélange de cris, de chants et de musiques, qui avaient comme but, pour la plupart, d’attirer l’attention sur les produits offerts à la vente. La végétation n’était plus la même et il faisait jour. Mais le Soleil n’était guère visible, masqué qu’il était par un gros nuage cotonneux peu enclin au mouvement. La luminosité en était néanmoins plutôt crue, faisant ressortir l’apparence des objets avec plus de netteté. Édwenfili rangea la pierre dans sa musette et elle avait à peine fait trois pas qu’une petite voix aiguë et chantante la héla :
— Voyez ! Me voici venant vers vous.
D’un froncement de sourcils, elle imposa la circonspection au petit arrivant habillé de rouge et d’orange qui venait de l’apostropher : un Flutin au sourire crétin, à qui elle demanda, plus sur un ton de reproche que de curiosité :
— Sous quelle lune as-tu couru sans chapeau ?
— La cinquième des serpents. Soyez sans souci, je suis sous son service. C’est systématique.
Il s’inclina avec une lenteur qu’il aurait été bien incapable de calculer avant de s’enquérir dans un rictus ambigu :
— Que cherche cette charmante chineuse ?
— Rien de spécial. Je ne m’attends pas à trouver grand-chose à la Foire de Tydwit. Mais je pourrais me laisser tenter par quelques babioles.
— Que femme formidable fasse affaire en foire familière nous offrirait ineffable fortune.
— Commençons.
Suivie du Flutin aux pieds de trottin, elle se dirigea vers l’échoppe la plus proche, toute tendue de toiles mauve pâle. Elle était tenue par un Porphoron vêtu d’un somptueux costume vert émeraude qui soulignait non sans élégance son embonpoint, mais cachait sa peau violette marbrée de rose. Ses yeux globuleux jaunes semblaient fixes, ne perdant toutefois rien de ce qui se passait alentour. Sa large bouche de batracien amplifiait son sourire, le rendant amical alors qu’il n’était que commercial. En un sécant, le regard perspicace d’Édwenfili inventoria l’étalage, où toutes sortes de colliers étaient rangés avec un souci classificateur particulièrement affirmé. Toutefois, certains n’étaient pas à la place qui aurait dû être la leur : il ne s’agissait pas d’erreurs, mais bien entendu d’un procédé pour gruger la clientèle peu avertie. Les petites moustaches de silure du Porphoron s’agitèrent alors qu’il adressa un large sourire à l’arrivante. Puis il se fendit d’une légère inclinaison avant de faire d’une voix veloutée :
— Puis-je m’enquérir de la nature de l’aide que je pourrais m’efforcer de bien vouloir vous apporter ?
— C’est toi qui auras besoin d’aide pour vendre des ormuves aussi mal emmagifiées.
— Vous subissez de manière évidente les effets d’une regrettable méprise ou d’une puante malveillance ! La qualité des emmagifications de…
Mais Édwenfili était déjà entrée dans l’échoppe suivante, celle d’un Ponglat. Vêtu d’une toge aussi grise que sa peau, il cachait ses yeux noirs et perçants derrière une mèche de ses cheveux blancs et soyeux. Il vendait des bouteilles, vides pour la plupart. Tout en les observant, elle accorda de son ouïe à ce qui se passait aux alentours. À droite, coincée entre l’échoppe du Ponglat et celle de son voisin était installée une vendeuse de petite taille, avec un air résigné de tristesse ahurie, le visage à moitié dissimulé par quelques mèches en pagaille de ses longs cheveux jaunes. Elle veillait sur une collection de pierres colorées réparties sur un drap blanc posé devant elle. Un Fouloufou au plumage blanc cassé arriva d’une démarche sautillante. La vendeuse n’eut ni geste ni parole.
— Combien pour celle-là ? demanda le Fouloufou en désignant une pierre grise, en s’interdisant scrupuleusement de la toucher.
— Trois fois trois et une chanson. souffla la vendeuse d’une voix monocorde.
— Une chanson ?
— C’est son prix.
— Son prix ? Trop insolite pour être honnête.
D’un mouvement de ses gros yeux ronds et d’un claquement de bec, le Fouloufou fit comprendre à la vendeuse toute l’étendue de sa méfiance, mais elle ne réagit pas. Édwenfili continua à marcher dans la même direction, feignant ne rien avoir entendu. Après avoir honoré quelques échoppes d’une visite diligente, elle laissa la partie basse de la Foire et arriva aux tentes. Elle entra dans la première : elle appartenait à un négociant d’instruments de musique qui semblait se spécialiser dans les violons. Mais l’attention d’Édwenfili fut plutôt alertée par la présence d’un petit pipeau rouge vif. Elle héla le marchand, un Troskill bleuté. Sa posture humble était étudiée pour compenser sa grande taille, empêchant de donner l’impression désagréable qu’il dominait ses clients. Il cachait la maigreur effrayante propre à sa race dans une ample tunique orange dont le drapé se mut avec élégance lorsqu’il déplia le bras d’un geste lent pour souligner sa salutation. Il l’énonça d’une voix chaleureuse :
— C’est un honneur de vous accueillir, même si vous n’achetez rien.
— Si, le pipeau en bois de Courène m’intéresse. Je vous en donne six estoles.
— C’est qu’à moins de dix estoles, j’y perds.
— Alors que vous l’avez payé cinq ? Curieux calcul.
— Bon, neuf.
— Sept. C’est mon dernier mot.
— Il est à vous.
— Non point. Je ne l’acquiers pas pour moi, mais l’offre au Flutin qui m’accompagne ici pour la septième fois consécutive, en récompense des services passés. Si toutefois il accepte. Voilà votre dû. La décision d’emporter ou non l’achat ne dépend pas de moi.
Le Troskill prit les estoles et le Flutin à l’émoi enfantin divulgua son étonnement par un cri étouffé comique. Le pipeau constituait une détestable tentation et il hésita. Édwenfili s’enferma dans une impassibilité très réussie.
— Vous pourriez premièrement parler de ses pouvoirs. proposa le Flutin à la voix de baratin.
— Eh bien, fit le Troskill, comme vous le savez, le bois de Courène facilite le jeu et rend les auditeurs plus réceptifs aux émotions portées par la musique. Mais c’est un vieil objet et je ne puis garantir qu’il n’y a pas eu d’autre emmagification.
Le Flutin aux mines de pantin ragea intérieurement. Le Troskill disait-il la vérité ou laissait-il errer une menace pour pouvoir garder l’instrument après avoir empoché les estoles ? Le petit guide d’Édwenfili avança une main tremblante, puis se saisit du pipeau d’un geste rapide. Le Troskill bougea les lèvres, mais sur ce visage incroyablement longiligne, nul n’eût pu trouver moyen de distinguer un sourire d’une expression de dépit.
Puis Édwenfili signa l’acte de vente, salua le Troskill et sortit, suivie par le Flutin qui débordait de remerciements embarrassés. Elle s’amusa en observant comment la nouvelle qu’elle avait acquis un instrument à l’échoppe de Goraro le Troskill commençait à se propager. En effet, la tente s’emplissait déjà de nombreux acheteurs, causant une grande bousculade.
— Un capricorne pour un tricorne ! Ce chapeau sur mon chef ne me chaudrait. s’irrita le Flutin, Vers quel marchand marcher ?
— Boran d’Esterontes le chapelier.
— Quoi ? Qui ? Que je fricote avec un Blix torve pour un tricorne ?
— C’est ma recommandation, libre à toi de la suivre ou pas.
— Approchons donc de son cabanon.
— Pas tout de suite.
Progressant en silence, Édwenfili fit un détour par la tente or et rouge de Musrof le Foulieux. Elle entra avec une rapidité subreptice et surprit le Donquel en pleine transaction avec une Riborte au pelage jaune tacheté.
— Je l’ai acheté moi-même à la Foire des Fières Florées ! se vanta-t-il en levant la tiare qu’il tenait à la main.
Un bon gros sourire propre à inspirer la confiance se dessina sous sa barbe. Il cessa d’autant plus rapidement qu’il n’était que peu véridique lorsqu’Édwenfili intervint :
— Tu n’aurais plus un membre accroché au tronc si tu y étais allé.
Le Donquel se retourna, fronça ses sourcils broussailleux qui se rejoignaient au-dessus de son nez imposant, mais avant qu’il ne puisse répondre, Édwenfili expliqua à la Riborte d’un ton proche de la badinerie :
— Cette tiare redeviendra bien vite ce qu’elle est en réalité : une couronne de fleurs d’ampel. De jolies fleurs, notez, mais qui ne valent sans doute pas le prix qui vous a été demandé.
— En effet. grinça la Riborte, son beau visage félin terni par la contrariété.
Elle s’inclina et repartit la queue battante sans saluer Musrof, qui lança un regard hiémal en direction d’Édwenfili, laquelle s’expliqua d’un ton léger :
— Que veux-tu, j’ai promis de te faire rater une vente à chaque fois que je te verrais. Tu ne m’obligerais pas à manquer à ma parole ?
— Si ! Par tous les éclairs d’Enrebonde ! Ton acharnement sur ma personne est injustifié. J’ai mille fois payé mon erreur.
Sous l’effet de la colère, son teint déjà peu orangé vira au quasi blanc et le capuchon sous lequel il dissimulait l’inéluctable désordre de son abondante chevelure glissa. Il le remit aussitôt en place d’un geste à la rapidité amplifiée par la gêne.
— Erreur ? s’indigna Édwenfili, Tu oses appeler le fait d’avoir voulu me refiler un œuf de pémotrol pour un œuf cosmun une erreur ?
— Je m’en suis déjà excusé. Mort de magiste, qu’est-ce qu’il te faut de plus pour que tu arrêtes de saboter mon commerce ?
— Du temps, sans doute. Dommage pour toi, je n’en ai que très peu à te consacrer. Au revoir donc.
Musrof frémit en entendant ces mots et murmura une contre-malédiction. Édwenfili quitta sa tente et alla accompagner le Flutin chez Boran, où il acheta un tricorne rouge très seyant. Une fois qu’il l’eut coiffé, le Flutin à la fraîcheur du matin prit la flûte de courène et joua une petite mélodie guillerette qui fit fleurir mille sourires aux alentours. Édwenfili le noircit du regard et il s’arrêta avant d’esquisser un fort niais rictus d’excuse et de la suivre. Après un tour rapide parmi les tentes, ils se rendirent chez Hort Mystère, le Devin le plus doué de cette Foire, qui en était devenu une autorité implicite et incontournable. Lorsqu’ils entrèrent dans son petit pavillon, le gros homme se leva pour accueillir Édwenfili avec enthousiasme, prenant le soin d’empreindre d’élégance un mouvement des amples manches de sa robe gris-bleu bordée de velours noir. Si ses vêtements étaient raffinés, il avait l’habitude, pour le plaisir du contraste, de laisser sur son visage joufflu une barbe taillée si court qu’elle ne pouvait dégager qu’une seule impression : celle qu’il était mal rasé. Il complétait ce tableau de négligence en évitant de trop bien peigner ses cheveux, afin qu’ils paraissent broussailleux. Il était capable de donner au ton de sa voix la particularité de suggérer des secrets dans les propos les plus banals. Mais en face d’Édwenfili, il fit de sa voix normale, qui était agréable, quoiqu’un brin gouailleuse :
— Je viens d’apprendre comment tu avais acheté un instrument chez Goraro. Essaierais-tu de corrompre notre personnel ?
Le Flutin au bas popotin se fit encore plus petit qu’il ne l’était. Édwenfili répondit :
— Vous n’en aurez plus, de personnel, si vous laissez vendre ici des objets non uniques.
Le visage du Devin s’empourpra. Son indignation et sa colère s’exprimèrent dans un seul mot :
— Qui ?
— Drôle de question pour un Devin.
— Arrête de plaisanter ! C’est d’une gravité extrême et pourrait signifier la disparition de cette Foire. Alors, dis-moi qui !
— Le Nomæl qui tient la tente de fournitures pour le dessin et l’écriture. Ses plumes d’alérion sont produites par des Sirvons peu scrupuleux. Je ne sais pas qui confectionne ses pinceaux en poil de broufoul, mais j’ai déjà vu les mêmes à plusieurs reprises.
— Et tu es sûre qu’ils sont fabriqués en nombre ?
— Certaine. Les charmes sont identiques aux magèmes près et possèdent cet aspect délétère propre aux objets emmagifiés ensemble en grandes quantités.
— Tu as mon entière confiance pour évaluer pareille chose. Qu’allons-nous faire ?
— Le Marché des Marches de Marj a banni un marchand pour ça.
— Mais ça signifie avouer que les contrôles ont tardé à repérer la fraude. Ça va être catastrophique pour nous !
— Ça le sera encore plus si tu attends. Mais si tu le souhaites, je n’interviendrai pas.
— Inutile. Tout le monde fera le rapprochement avec ta présence. Allons prévenir Bariqueux et je te demande de bien vouloir nous aider.
— Si c’est ce que tu désires, j’accepte volontiers.
Ils arrivèrent vite chez Bariqueux, qui logeait dans sa demeure de fonction, laquelle était plutôt sobre et de taille appropriée. Il portait le titre de Maître de Foire. C’était un gros Ocor à l’air endormi et aux gestes patauds, qui, contredisant son apparence, décida d’agir aussitôt. Il donna des ordres à diverses personnes, avec clarté et précision, sans éclat particulier de la voix, ni traduire la moindre colère. Puis il se rendit peu après à la tente du Nomæl avec les trois autres. Il prit aussi deux gardes, des Trulbuks à la mine patibulaire, sans doute pour rimer avec réglementaire, engoncés dans des armures noires aux formes tourmentées, hérissées de pointes et semblant plus être faites de pierre que de métal. Ils étaient armés de lances enflammées aux ronflements quelque peu exagérés pour paraître peu rassurants.
Lorsqu’il les vit arriver, la contrariété barra le visage jaune du Nomæl de manière spectaculaire. Il passa machinalement la main sur son crâne chauve et décida de s’effacer, mais un troisième garde arrivé à revers lui bloqua le chemin. D’autres intervinrent pour faire évacuer la tente et des momages posaient déjà des scellés sur tous les articles. La foule bruissa et chuchota. Le Nomæl commença à tonner son innocence. Hort le fit taire d’un geste et alla chercher une plume couleur crème avant de la produire en s’exclamant :
— Voilà une plume qui n’est pas d’alérion…
— Et alors ? Les emmagifications lui confèrent les mêmes pouvoirs et je suis sûr que vous écrirez d’aussi belles poésies avec.
— Les emmagifications sont justement ce qui pose problème, car elles ont été faites sur nombres de plumes identiques de manière concomitante !
La foule se mit à vrombir.
— C’est une accusation grave, s’indigna le Nomæl, je ne vous laisserai pas la proférer contre moi sans preuve.
Hort se tourna vers Édwenfili, qui lui fit à voix basse avec un geste de dépit :
— Ça va être difficile, je n’ai pas mon amelune. Mais nous pourrions utiliser celle qui se trouve ici en possession d’une Lixelle.
— Comment ? Une amelune ? Une Lixelle ? s’étrangla Bariqueux, Que les deux soient menées ici !
La Lixelle arriva escortée par un garde et accompagnée de nombreux murmures. Elle était toujours aussi hagarde, tenant la pierre contre son sein dans ses deux mains.
— Prête ton amelune à la chineuse. ordonna Bariqueux.
— Non. Je ne peux que la vendre, trois fois trois et une chanson.
L’Ocor se renfrogna et Hort soupira. Édwenfili chuchota quelque chose à l’oreille de la Lixelle et demanda à Bariqueux :
— M’autorisez-vous moi et la Lixelle à utiliser cette amelune et à faire usage de magilèges ?
— Dans l’unique but de nous aider à élucider cette affaire, je vous autorise à utiliser l’amelune et à faire usage de magilèges.
— Merci.
Elle prit ensuite la plume qu’elle tendit à la Lixelle, lui demandant grâce à l’amelune d’en rendre les magilèges visibles. La Lixelle renâcla avec mollesse, mais n’eut pas la force de refuser. Les enchantements apparurent sous une forme d’entrelacs lumineux animés.
— Voyez la configuration de ce magilège, elle est très simple, pour ne pas dire grossière. Le processus d’activation exige une grande dépense d’énergie inhabituelle. Sa mise en œuvre elle-même crée des turbulences importantes. Ce sont là les marques d’une emmagification en masse.
— Mais ce ne sont pas des preuves. contesta quelqu’un dans la foule.
La déclaration fut aussitôt confrontée à un florilège de contradictions par quelques connaisseurs. Édwenfili eut un petit rictus.
— Voici une preuve supplémentaire, d’un accès plus facile à ceux qui ont grande ignorance de l’Art.
Elle alla prendre une deuxième plume :
— Procédons de même et comparons.
La visualisation du magilège apparut à côté de la première. Elles étaient identiques dans les moindres détails, les pulsations lumineuses étant d’une synchronie des plus rigoureuse. Un grondement d’indignation retentit. Certains crièrent à l’illusion. Les magiciens les plus confiants en leurs compétences assurèrent ne pas en voir, tandis que les plus savants expliquaient doctement qu’une visualisation produite à travers une amelune ne pouvait en aucun cas être masquée par une illusion. Bariqueux fit taire tout le monde en déclarant :
— Ce sont là des preuves suffisantes pour les autorités du Conseil des Foires, dont je suis le représentant. Par conséquent, Nomæl, vous êtes en état d’arrestation pour vente d’objets emmagifiés en masse. Votre stock est confisqué et je vous arrête en attendant de vous remettre aux autorités des Foires de Formélude.
— J’approuve cette sentence. agréa Édwenfili.
Hort, pour sa part, s’exclama avec contrariété :
— Dommage. J’avais l’idée d’une malédiction assez amusante pour l’inciter à avouer.
Le Nomæl se garda de réagir en entendant cela. Les gardes l’emmenèrent. Édwenfili retrouva Hort et Bariqueux chez ce dernier. Bariqueux enjoignit à la Lixelle de l’accompagner, car il avait à lui parler de la présence non déclarée d’une amelune à sa Foire.
— Ton aide nous a été précieuse, Édwenfili. se félicita Hort, Sois-en remerciée.
— Je préférerais en être récompensée. Laissez-moi acheter son amelune à cette Lixelle.
— Vous exagérez ! tonna Bariqueux, Des enchères sur le privilège d’achat d’une amelune nous rapporteraient infiniment plus que la valeur de tous les objets confisqués à ce marchand !
— Objets que je pourrais réclamer en toute légitimité si j’insistais. Et je vous ferais remarquer que la présence cette amelune vous avait échappé. Vous n’aimeriez pas que ça se sache, j’imagine…
— C’est vil ! Je parierais que vous avez monté toute cette combine pour accaparer cette amelune.
— Monté, non. Disons que j’ai profité d’un enchaînement de circonstances.
— Et vous obtenez une amelune.
— Mais votre Foire est sauve. Et cette histoire contribuera à son renom.
— Quand même, une amelune… regretta Hort, Et tu en avais déjà une en plus. Mais comment espères-tu échapper à la malédiction ?
— J’ai un muche à effet immédiat. leur révéla-t-elle en sortant un cristal de sa musette.
Bien que contrarié à un haut point, l’Ocor donna l’autorisation et Édwenfili remit trois estoles, trois humes et trois morgolets à la Lixelle, puis chanta, sans conviction affirmée toutefois, une courte comptine. La Lixelle lui tendit la pierre et quand elle changea de main, elle lâcha un énorme éclat de rire avant de tomber évanouie. Édwenfili ressentit une extrême angoisse très brève. Ce fut donc avec soulagement qu’elle regarda le muche disparaître dans sa main, qui sembla se dissoudre dans l’air. En fait, elle soupçonnait qu’il se glissait plutôt sur un plan de réalité différent. Bariqueux, qui aimait marquer les dénouements heureux, proposa alors de trinquer en guise de conclusion. Édwenfili et Hort burent en sa compagnie dans une humeur joviale, plaisantant sans rancune aucune sur les récents évènements. La joie d’Édwenfili fut d’une courtée. La Lixelle se réveilla et se précipita aussitôt aux genoux de sa bienfaitrice pour la remercier. Puis elle se déclara être désormais son obligée et insista pour lui rendre sa faveur d’une façon ou d’une autre. Édwenfili refusa, mais la Lixelle ne l’écouta pas. Hort s’amusa fort de ce retournement et Bariqueux lui-même libéra toute son hilarité.
Et Édwenfili repartit de Twydit dans un état de contrariété assez remarquable, avec la Lixelle sautillant dans ses pas. Elles furent poursuivies une courtée[1] par le Flutin au doigté mutin jouant une petite mélodie aigrelette et moqueuse sur son nouveau pipeau.
— Malédiction, grogna Édwenfili, ces fichues amelunes sont toujours source de bien des problèmes. Et dire qu’il m’en faut une troisième.




[1] Les divers peuples des Nomondes n’utilisent pas le même système de mesure du temps. Si toutefois ils en ont un, car nombre d’entre eux considèrent que le temps est un sujet tabou et que le découper en fractions serait sacrilège. L’usage même du mot « temps » est parfois considéré comme funeste. Aussi, on utilise entre les divers peuples les termes suivants :
- un sécant : un instant non mesurable, un point sans durée
- une courtée : une courte durée
- une longuée : une longue durée
La longueur de ces durées est souvent très subjective. On redouble parfois la première syllabe pour amplifier :
- une coucourtée : un très court moment
- une lonlonguée : un très long moment
Le terme de « durée » est restreint à une durée indéterminée ou indéterminable.
Pour faire patienter, où on utilise :
- un attant : une durée d’attente, à la longueur variable. Le terme est poli.
- un passiant : le terme comporte une nuance de reproche, informant celui à qui on l’adresse qu’il fait preuve de trop de hâte.